"Lorsque sa femme le quitte, Nader engage une aide-soignante pour s'occuper de son père malade. il ignore alors que la jeune femme est enceinte et a accepté ce travail sans l'accord de son marie, un homme psychologiquement instable..."
"Une séparation" a attiré un million de spectatrices et spectateurs en France et je le découvre seulement maintenant en DVD, cinq ans après sa sortie dans les cinémas français. Un film à mi chemin entre drame psychologique et thriller. Il se déroule dans une grande ville iranienne. Les scènes sont surtout tournées en intérieur et dans une voiture. Le réalisateur Asghar Farhadi (La fête du feu, A propos d'Elly, Le passé...) oriente le film sur la psychologie des personnages, leurs émotions, ressentis, vulnérabilité, fierté, colère, entre mensonge et vérité. Tour à tour on se met à la place des personnages, rien n'est figé. Personne n'a raison, personne n'a tord. Tout est question d'interprétation et chacun-e essaie de sauver sa "peau". La condition des femmes saute aux yeux. Pour travailler, les femmes doivent avoir l'accord de leur mari (ou de leur père), une des nombreuses lois inégalitaires. On y parle également des différences entre classes sociales , de religion, de divorce, de la garde des enfants, de vieillesse, de maladie avec le père de Nader atteint de la maladie d’Alzheimer.
Le suspense est bien mené et on a rapidement envie de connaitre la suite. Les acteurs et actrices sont très convaincants. Les échanges verbaux entre les personnages sont nombreux et se rapprochent parfois à du théâtre (sans l'aspect théâtral !). Les images sont filmées simplement, sans cadrage extraordinaire, ni une volonté de faire une belle photographie. Dans l'un des bonus du DVD Asghar Farhadi insiste sur le fait que le film donne l'impression d'un documentaire.
Encore un film iranien que j'ai apprécié même si ce n'est pas le film de l'année. Il est bien mené, touchant et par le biais d'"Une séparation", on peut voir une facette de la société iranienne réalisée par un iranien et non par des occidentaux qui en donnent leurs visions. Le cinéma ne changera pas le monde mais il peut aider à faire passer des messages et c'est déjà beaucoup.
A noter que la fille d'Asghar Farhadi, Sarina Farhadi (12 ans dans le film) a pour la première fois un rôle important. Sareh Bayat (l'aide-ménagère) a le rôle principal dans "Nahid", film qui est sorti en France sur les grands écrans le 24 février 2016.
Avec Leila Hatami, Peyman Maadi, Sarina Farhadi, Sareh Bayat, Shahab Hosseyni, Kimia Hosseini, Babak Karimi, Ali-Ashgar Shahbazi, Merila Zarei, etc.
Bande annonce :