Sortie en salles le 10 février 2016
En Argentine, de 1982 à 1985, le clan Puccio enlève et séquestre dans la maison familiale des personnes riches afin de faire payer une rançon à leur famille. A leur tête, Arquimedes, le patriarche, père de 5 enfants. Il a travaillé aux renseignements lors de la dictature et a encore du soutien de la part de hauts gradés de la junte militaire. Cela lui permet d'agir sans être inquiété par la police. Alejandro, son fils aîné, est populaire dans un club de rugby de Buenos Aires et dans l'équipe nationale. Il est vaguement au courant des activités de son père. Il va peu à peu l'aider dans les enlèvements malgré des remords Il essaiera de s'échapper de l'emprise de son père mais l'appât de l'argent et la pression de son père le reconduira vers lui.
Le film est tiré d'un fait divers vrais qui a fait la une en Argentine dans les années 80. Le film s'attarde sur le parcours d'Alejandro, sa relation tendue avec son père, ses hésitations et surtout son incapacité à se détacher de son père. C'est à une époque où l'Argentine est plongée dans la dictature (1976 - 1983). Les meurtres, les règlements de compte sont monnaie courante. Le clan agit comme bon lui semble, pas pour une question politique mais pour de l'argent, comme la mafia. La famille connait (hormis la plus petite fille) les agissements du père. Sa femme le soutien. Mais personne n'en parle, c'est un sujet tabou. Comme si ne pas en parler en ferait un crime moins honteux. Le crime de tuer les personnes après les avoir enlevées, séquestrées et avoir empoché la rançon. Arquimedes agit sans remords, comme un contrat de travail qu'il effectue. Alejandro est champion de rugby, il a son propre commerce de magasin de sport, il va bientôt se marier et pourtant, son père le hante jour et nuit. Il lui est impossible de dire non de façon définitive. Arquimedes mène à la baguette la famille et tient une pression psychologique sur Alejandro. Ce dernier veut que tout s'arrête mais il continue et profite des crimes (argent).
Pour reconstituer le film, le réalisateur Pedro Trapero s'est servi des informations qui ont été données au procès. Il a fait toute une recherche en rencontrant des voisins, des amis de la famille. Il avait besoin de s'imprégner de leur vie, de mieux les connaître.
Le film est bien mené, l'intrigue est intéressante. Les acteurs et les actrices sont plutôt convaincants. Pas de temps mort, on ne s'ennuie pas mais ce n'est pas non plus un film d'action. La photographie est assez banale, rien à dire en particulier. Le plus intéressant sont les personnages, le déroulement. Beaucoup de musique, des morceaux connus surtout. J'aurais préféré une bande originale inédite, enregistrée pour ce film. La dernière scène est très marquante avec en sus la musique en fond sonore qui vous martèle l'esprit. J'ai eu besoin du générique de fin pour me remettre de mes émotions.
"El clan" se laisse facilement regarder, pas de chef d'oeuvre ici mais un film qui tient la route et se regarde avec plaisir.
Avec Peter Lanzani, Guillermo Francella, Lili Popovich, Giselle Motta, Franco Masini, Gastón Cocchiarale, Antonia Bengoechea, Stefanía Koessl...
Bande annonce :