Noura est une jeune avocate iranienne qui n'a plus le droit d'exercer. Son mari, journaliste "contestaire", a dû fuir la région pour aller travailler avec son frère dans le sud de l'Iran. Noura est enceinte et ne veut plus de cette vie où elle se sent étrangère dans son propre pays. On la suivra dans des démarches pour obtenir un passeport pour elle et son mari...
"Au revoir" est un film sombre, glauque, comme la vie de Noura, prisonnière en tant que femme dans une société très inégalitaire, éloignée de son mari et enceinte en sachant que son futur bébé aura de fortes déficiences intellectuelles. Noura ne rêve plus que d'une chose : fuir ce pays qui l'emprisonne dans un statut de mineur, qui lui interdit d'exercer le métier d'avocat, dont la liberté d'expression est ignorée (son mari est recherché par la police à cause de ses écrits). Pour mieux vivre et comprendre la détresse et l'enfermement physique et intellectuel que vit Noura, Mohammad Rasoulof met en parallèle une tortue d'eau enfermée dans un petit aquarium. Un jour, Noura remarque que le bocal fuit. En-dessous de l'aquarium elle y met un plateau pour que l'eau ne s'écoule pas. Chaque jour, elle remet le nécessaire d'eau manquant. Jusqu'au jour où elle décide d'enlever le bocal, de laisser le plateau et d'y mettre tout au tour du papier. La tortue était prisonnière dans un aquarium puis sur le plateau. Noura manque également cruellement de liberté. Une vie oppressante qui nous l'est soulignée par un film sombre, lent, sans musique, avec des plans fixes. Suicide-toi ou prend une cure de rigolade !
Le réalisateur Mohammad Rasoulof a les mêmes problèmes de justice que Jafar Panahi : interdiction de filmer, d'exercer son métier, de quitter le territoire. En Iran, la liberté d'expression n'existe pas et la censure est omniprésente. Le film dénonce pelle mêle les inégalités homme/femme, la liberté d'expression bafouée, la censure, la corruption (toujours un billet par-ci, par-là pour faire accélérer les demandes ou tout simplement pour que l'on s'occupe de sa requête). Avec tout ça, vous comprendrez aisément pourquoi le film est triste et en même temps dur car l'espoir n'existe pas ou si peu.
Mohammad Rasoulof signe un bon film qui me fait encore froid dans le dos en rédigeant cette petit chronique. Encore un film iranien de qualité, ce qui me parait toujours incroyable vu les problèmes de censure, le peu de moyen mis à disposition. Les cinéastes iranien-ne-s ne baissent pas les bras, merci à vous.
Avec Leyla Zareh, Hassan Pourchirazi, Benhame Tashakor, Sima Tirandaz, Roya Teymorian, Fereshteh Sadreorafai, etc.
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