• Jimmy's hall - film de Ken Loach (2014)

     Sortie en salle le 2 juillet 2014

    Jimmy's hall - film de Ken Loach (2014)Un jour enneigé de décembre 1995 durant les mouvement sociaux qui ont paralysé Paris, entre deux manifestations, j'étais dans un cinéma de banlieue pour regarder "Land and freedom". Ce film m'a beaucoup marqué et touché. C'était ma première "rencontre" avec le réalisateur Ken Loach. Entre temps, j'ai regardé un certain nombre de ses films : Carla's song, Kes, Riff-Raff, Bread and roses, Raining stones, Ladybird, It's a free world, My name is Joe, etc.  qui sont pour la plupart teinté de conflits sociaux, politiques, familiaux, de lutte pour les droits des travailleurs. Ken Loach n'hésite pas à mettre en avant un engagement militant de gauche, voire d'extrême gauche. Il dénonce les média (anglais) très tourné vers l'esthétisme d'un film et non par son contenu "J’ai souvent eu le sentiment, en Angleterre, que les critiques ne s’intéressaient pas à la substance de mes films, qu’ils n’en discutaient que la forme, le style, les acteurs. Qu’ils restaient enfermés dans des codes et des références, alors même que nous essayions d’y faire entrer le monde et ses problèmes. Dans les débats avec les spectateurs, j’ai le sentiment qu’ils vont, eux, directement au cœur de l’histoire. Pour Jimmy's Hall, par exemple, les discussions tournent autour de la manière dont s’exprime le discours dominant aujourd’hui, maintenant que l’influence de l’Église a reculé." Il a également réalisé de nombreux documentaires.

    En 1932, après une décennie passée en exil à  New-York, JamesJimmy's hall - film de Ken Loach (2014) Gralton (Barry Ward) retourne dans son Irlande natale rejoindre sa mère et ses ami-e-s. Il reprend la ferme familiale et souhaite une vie paisible. 10 ans plutôt James avait fuit l'Irlande à cause de persécution en pleine période de guerre civile. Il laissait derrière lui Oonagh (Simone Kirby), la femme qu'il aimait et qu'il retrouvera 10 ans plus tard "mère de famille".

    Encouragé par des jeunes du village et par ses ami-e-s, il décide de ré-ouvrir le "Pearse-Connoly Hall", un lieu communautaire d'activités : cours de danse, dessin, boxe, musique, lecture, dancing, etc. Il fonctionnait uniquement par l'investissement des bénévoles et ouvert à tou-te-s. Les décisions se prenaient collectivement en réunion. Une sorte de lieu autogéré mais malheureusement comme 10 ans auparavant, ce lieu ne plaisiait ni aux riches propriétaires qui exploitaient les travailleurs, ni à l'Eglise qui voulait contrôler le savoir, la pensée et les divertissements. 

    Jimmy's hall - film de Ken Loach (2014)

    Une famille s'est fait expulser des terres d'un riche propriétaire. Un groupe de militants vient soutenir la famille et réussit (un peu) avec la force à la réintégrer sur les terres. James sera vu par les riches propriétaires et l'Eglise comme le leader et responsable de cet acte. Il n'a jamais été apprécié de part son engagement et ses idées marxistes. Les représailles arriveront rapidement : le "Pearse-Connoly Hall" sera brûlé en pleine nuit.

    Dans le film, on voit le rôle de l'Eglise en Irlande, sa collaboration avec les riches propriétaires et qui marche aussi main dans la main avec l'Etat, avec des méthodes barbares (dénonciations, peur, calomnies...). Un jeune prête essaie d'apporter une vision un peu plus progressiste mais son poids est si léger qu'il ne peut être entendu. 

    C'était une époque de grand chômage, les jeunes avaient peu d'avenir et encore moins de distractions. Ce "Pearse-Connoly Hall" était un îlot d'espoir, de créativité, d'engagement, géré par les ouvriers et paysans eux/elles-mêmes.

    Jimmy's hall - film de Ken Loach (2014)En dehors des faits marquant de l'époque, le film met un fort accent sur la musique et la danse. Des divertissements qui permettaient au peuple de se sentir mieux en se retrouvant ensemble lors de nombreuses occasions et tout cela d'une manière non contrôlée par l'Etat et l'Eglise.

    Comme on le remarque dans le film, le vélo tenait une grande place au coeur des ouvriers et des ouvrières durant cette période, un moyen de transport qui leur permettait de se déplacer à moindre frais. Par la suite, ce mode de transport fut partiellement remplacé par l'automobile qui a réussi à détrôner le vélo dans toutes les classes sociales. Depuis quelques temps la bicyclette refait une belle apparition (même si elle n'a jamais disparu, fort heureusement), surtout lié à des problèmes écologiques et pour des questions pratiques.

    Le film est tiré de l'histoire vraie (mais certainement très romancée) de Jimmy Gralton.

    Avec "Jimmy's hall", Ken Loach signe certainement son dernier film. A 78 ans, il a droit à du repos bien mérité. Il poursuivra peut-être la réalisation de documentaires. Affaire à suivre.

     

    Avec James Gralton, Simone Kirby, Andrew Scott, Jim Norton, Aisling Franciosi, Brían F. O'Byrne, Francis Magee, Denise Gough, Aileen Henry...

    Jimmy's hall - film de Ken Loach (2014)

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