• Présences d'Esprits # 85 - automne 2015 (fanzine)Le club Présences d’Esprits est une association loi 1901 à but non lucratif, créé en septembre 1992, dont l’objectif est « la promotion de l’imaginaire fantastique sous toutes ses formes ». Il regroupe des amateurs de science-fiction, de fantasy ou de fantastiques, quel que soit le domaine artistique ou culturel : littérature, cinéma, BD, illustrations, jeux, design, etc. Il édite chaque trimestre deux publications : "Présences d'Esprits", le zine des mondes de l'imaginaire qui contient une soixante de pages, "AOC" (Aventures Oniriques et Compagnie) avec des nouvelles et des illustrations, 39 numéros à son actif à ce jour. Il publie des recueils de nouvelles, gère un site internet, un forum, organise des ateliers d'écriture, des rencontres, est présent lors de festivals, salons, etc.

    J'ai découvert le zine Présences d'Esprits avec le numéro 80 et son dossier consacré aux zombies. Lors du salon fantastique 2016 à Paris, j'ai eu l'occasion de rester un petit moment derrière leur stand et faire quelques petites emplettes dont le dernier numéro sorti quelques semaines plus tôt. Une belle couverture couleur qui flash bien d'entrée de jeu avec Star Trek qui permet d'annoncer le dossier du numéro. 13 pages sont consacrées à cette série de science fiction phare : un intéressant historique, de 1964 (épisode pilote. La série débute en 1966, soit 50 années de Star Trek mania !) jusqu'à maintenant. Une interview de Philippe Hils, il s'occupe d'un wiki consacré à la série. Egalement un glossaire pour mieux comprendre les termes techniques spécifiques à Star Trek, un article sur les peuples et organisations afin de mieux intégrer la spécificité de chaque peuple et planète, un autre sur la non-violence et la tolérance contenues dans les épisodes. Le tout est agrémenté de belles photos tirées de certains épisodes et films.  Enfant et adolescente j'ai regardé la série, époque Capitaine Kirk, c'est à dire les 3 premières années de la série. Spock est un personnage qui m'a bien marqué ! Entre les deux, rien, hormis deux films des années 2010 (nouvelle génération) regardés en DVD. Ce dossier m'a grandement donné envie de découvrir de nouveaux épisodes, de nouvelles films et d'être au rendez-vous pour la sortie de "Star Trek : beyond" de J.J. Abrahams, sortie prévue en juillet 2016 pour la date anniversaire - un demi siècle - de la série. Retrouvez sur leur site internet  une page rassemblant des bandes annonces, des génériques, etc.

    6 pages de critiques de livres, de fanzines, de revues (l'une des mes rubriques préférées) viennent compléter le numéro. La littérature ne s'arrête pas là puisqu'une interview des éditions Le Chat noir est retranscrite + 2 pages de chroniques de livres édités par ces mêmes éditions. C'est l'occasion de découvrir une petite maison d'éditions de livres fantastiques au sens large du terme : gothique,  fantasy, streampunk... Une rubrique cinéma, quelques films y sont présentés longuement (Hulk, Mad Max : fury road, Bienvenue au paradis, Au-delà de nos rêves. Ouai, ça fait peu mais les articles tiennent bougrement la route et sont bien argumentés). Egalement des critiques de BD et illustrations. Une retranscription d'une conférence ayant pour thème : "Voyager dans l'imaginaire spéciale", une rubrique jeux que je n'ai pas lue et également deux ou trois autres trucs.

    Le contenu est intéressant, bien rédigé (ça change de moi !), varié (le monde de l'imaginaire sous toutes ses formes) et je vais de ce pas m'abonner au zine ! Je n'oublierai pas de vous parler de la mise en page que j'aime particulièrement. Imprimé en noir et blanc (sauf la couverture en couleur), les illustrations, photos ressortent extrêmement bien. Des fonds gris, des sous-titres en fond noir, sans en abuser, apportent un plus indéniable. La mise en page est simple, carrée et agréable.

    Si vous aimez le fantastique, Présences d'Esprits aura de fortes chances de vous plaire.

    60 pages A4 - imprimé en noir et blanc, couverture couleur - 5 euros + frais de port (possibilité également d'abonnement à l'année) via la boutique en ligne.

    Présences d'Esprits # 85 - automne 2015 (fanzine)

    Photo prise le 27 février 2016 lors du salon fantastique à Paris


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  • Identification de la femme - un court-métrage de Massoud Bakhshi  (1999)Ce court-métrage est en bonus sur le DVD du film “La pomme” de l’iranienne Samira Makhmalbaf. Une bien bonne occasion de découvrir ce petit film-documentaire de 20 minutes de Massoud Bakhshi qui a réalisé, entre autre, “Une famille respectable” sorti en 2012.

    “Identification de la femme” est le portrait d’une femme iranienne âgée, malheureuse, qui attend désespérant que son fils unique vivant à l’étranger vienne la délivrer, pour que sa vie enfin puisse changer et avoir un sens. Elle n’a jamais pu faire ce qu’elle voulait, mariée jeune à un militaire âgé, elle a eu un fils avec lui. Comme elle ne voulait pas avoir un autre enfant avec lui et qu’elle n’a jamais aimé ce mari qu’elle déteste, elle a divorcé. Quelque temps plus tard et après différentes pressions, elle s'est mariée avec un voisin de son frère et est pour la seconde fois la deuxième femme de son mari. Détestant son mari, elle refuse d’avoir un enfant avec lui et lui trouve une femme à cet homme qui sera la troisième épouse. Tout à tour, nous aurons le témoignage de cette femme, du mari, de la troisième épouse. Une femme malheureuse qui durant toute sa vie d’adulte a été opprimée par les hommes et qui ne rêve plus que de partir de cette maison qui l’étouffe. Son seul espoir étant son fils.

    Ce documentaire est triste et démontre une nouvelle fois que le cinéma iranien sait traiter des sujets de société comme les inégalités entre les hommes et les femmes.

    Identification de la femme - un court-métrage de Massoud Bakhshi  (1999)


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  • Pershang - un court-métrage de Mahvash Sheykh-Ol-Eslami (2000)Ce court-métrage est en bonus sur le DVD du film “La pomme” de l’iranienne Samira Makhmalbaf. Une jeune fille est contrainte de se marier avec un voisin pour sauver l’honneur de la famille. Son frère est accusé d’avoir fréquenté une jeune fille. 

    A aucun moment les hommes qui décident pour elle du mariage ne lui demandent son avis. L’honneur est bien plus important que tout et les femmes considérées comme inférieurs n’ont pas leurs mots à dire.  Point barre. Comme dans “Identification de la femme” de Massoud Bakhshi également présent en bonus sur le DVD “La pomme”, il est question de mariages forcés, des hommes qui décident pour les femmes.  On y voit aussi le désespoir de deux femmes.

    La caméra est toujours éloignée des comédien-ne-s, vous n’y verrez jamais de gros plan. Ce n’est pas dérangeant pour les 12 minutes de ce court-métrage mais s’il en faisait 90 de plus, je ne sais pas si je serais du même avis. Il y a visuellement des plans intéressants, voire originaux. Mais au final, c’est le thème du court-métrage qui m’enthousiaste le plus même si l’espoir n’apparaît jamais.

    Pershang - un court-métrage de Mahvash Sheykh-Ol-Eslami (2000)


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  • La pomme - un film de Samira Makhmalbaf (1997)L'histoire s'inspire d'un fait divers : dans un quartier pauvre de Téhéran, plusieurs familles écrivent au Bureau d'aide sociale pour dénoncer des voisins qui séquestrent depuis leur naissance leurs deux petites filles âgées de 12 ans. Une assistante sociale est alors chargée de l'enquête.

    L'emprisonnement de Massoumeh et Zahra est symbolisé par des barreaux qui servent de porte d'entrée. Le père avoue les faits à l'assistante sociale et justifie la situation par le fait que leur mère est non-voyante est qu'elle ne peut pas veiller sur elles. Dans le film, les deux filles jouent leur propre rôle. Grace à l'assistance sociale, elles sortent pour la première fois de leur vie dans la rue, découvrent le monde, jouent avec des enfants, mangent une pomme (en Iran, la pomme symbolise la vie). L'assistante sociale enferme le père dans la maison et lui ordonne de scier les barreaux s'il ne veut pas que ses filles lui soient retirées. Malgré les faits, le père ne semble pas être un tyran, plutôt un homme perdu, dépassé par les événements qui pense que la seule solution pour que ses filles ne se sortent pas dans la rue est de les enfermer. La famille est pauvre, les filles et leur mère ne sortent pas de chez elles. N'ayant aucun travail, le père récolte le peu d'argent par ce qu'on lui donne. Le père est allé à l'école pendant 4 ans mais il n'a pas l'idée d'échanger son savoir avec ses filles. Au contraire, elles La pomme - un film de Samira Makhmalbaf (1997)savent à peine parler. 

    Malgré tout, le film n'est aucunement moralisateur, il expose des faits, sans jugement. On y voit la complexité de la société iranienne, avec des pauvres très pauvres, des filles, des femmes qui ont un statut très différent de celui des hommes. D'ailleurs dans le film une femme dit que si les filles avaient été des garçons, ils n'auraient pas été enfermés. On ressent une forme de solidarité entre les voisines qui ont informé au Bureau des aides sociales la situation des filles et qui par la suite essaient de les aider. Au final, ce sont les femmes qui sont les plus conscientes du sort réservé à Massoumeh et Zahra.

    "La pomme" a reçu un prix au festival de Cannes ce qui lui a permis de traverser les frontières. Il est filmé de façon sobre, très simple, avec une seule caméra, entre documentaire et fiction. Cette simplicité est pourtant très forte et à mille lieux des films à grands budgets. Il reflète assez bien le cinéma iranien qui avec peu de budget réalise et produit de bons films de fiction basés sur la société iranienne.

    La pomme - un film de Samira Makhmalbaf (1997)

    Au final, quel plaisir de revoir "La pomme", 16 ou 17 ans après sa sortie au cinéma. Ce film iranien réalisé par la jeune réalisatrice, 18 ans à l'époque, Samira Makhmalbaf est une réussite. MK2 éditions propose un DVD avec en bonus une interview de la réalisatrice, une autre d'Agnès Devictor, une critique de cinéma, la bande-annonce et deux courts métrages iraniens : "Identification de la femme" de Massoud Bakhshi et "Pershang" de Mahvash Sheykh-Ol-Eslami.

    Samira Makhmalbaf est la fille du réalisateur et écrivain Mohsen Makhmalbaf qui a co-écrit le film. Après deux courts métrages, elle réalise avec "La pomme" son premier long métrage. Elle a également réalisé "Le tableau noir" en 2000, "11'09'01 - september 11" en 2002, "A cinq heures de l'après-midi" en 2003 et "L'Enfant-cheval" en 2008.

    Avec Massoumeh Naderi, Zahra Naderi, Ghorban Ali Naderi,  Azizeh Mohamadi, Zahra Saghrisaz, etc. 

    La pomme - un film de Samira Makhmalbaf (1997) 

    Bande annonce :

     

     


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  • Délivrance # 5 - février 2016 (fanzine)Sortie du cinquième numéro du fanzine Délivrance, dix mois après le précédent qui était un split avec le zine bisontin Everyday is like sunday. Le format A4 ainsi que la couverture couleur ont été gardés et c'est tant mieux. David profite de la couleur en quatrième de couverture pour publier quelques photos et peintures de sa propre collection car sa passion ne s'arrête pas au cinéma de genre : il aime aussi photographier, peindre, dessiner, faire des créations (et aussi un autre zine axé HC/Punk/DIY Mononoké). Mais revenons au sujet initial, à savoir le cinéma ! Délivrance a bien évolué depuis le premier numéro qui était avant tout un zine de chroniques de films. Nous retrouvons une cinquantaine de chroniques de films d'horreur, d'action, d'attaques de requins, de nazisploitation (mouai bof, j'imagine que c'est le numéro de Toutes les couleurs du bis consacré à ce genre qui l'a motivé à regarder quelques films de ce genre), d'aventure, thriller, fantastique, arts martiaux, etc. Comme d'habitude, les chroniques sont bien écrites mais simplement, sans prise de tête et sans se la jouer intello. On sent avant tout une personne passionnée qui a envie de partager son ressenti et un non un plaisir d'écrire pour écrire. Dans ce numéro et comme à chaque fois, peu de films en commun avec moi. J'ai seulement vu Le mur invisible que m'avait conseillé d'ailleurs David et Mad Max : fury road. Quelques-uns me tentent bien comme les remakes d'Halloween 1 et 2, Aux yeux des vivants, The dead, La planète interdite, Des monstres attaquent la ville. Sur presque chaque chronique se trouve l'affiche (ou la jaquette) ou plus rarement une photo tirée du film.

    On trouve également deux interviews : la première de Noé, un réalisateur/scénariste et par obligation producteur de (ses) courts-métrages. On peut citer comme réalisations "L'homme qui a tué Dieu" et "Black Block : a story of violence and love". J'apprécie son état esprit loin du star system, il se considère lui-même comme cinéaste engagé. "J'aime fréquenter les gens qui ont une cause, qui se battent, qui essaient de changer le monde, les autres je les comprends un peu moins". Vous pouvez voir gratuitement tous ses courts métrages sur son site internet. La deuxième est celui de Guillaume qui s'occupe du zine Les chroniques d'un vidéophage et qui a deux numéros à son actif (voir chronique du 1 et 2). Il est très bavard et répond avec beaucoup d'enthousiasme aux questions posées. La mauvaise nouvelle est que le 3ème numéro ne sortira pas avant janvier 2017.

    Egalement présent dans les 48 pages de ce 5ème numéro une rubrique consacrée à la collection GORE (Fleuve Noire) qui  a édité une multitude de livres entre 1985 et 1990. David chronique une douzaine de livres de la collection et d'une autre, TRASH édtions qui a pris en quelque sorte la relève depuis une ou deux années. Pour ma part, je ne suis pas fan de gore aussi bien en littérature qu'en film mais ces chroniques se lisent sans problème pour moi. On reparle beaucoup de la collection GORE et par extension TRASH depuis que David Didelot, le zineur de Vidéotopsie, a écrit le livre "GORE - dissection d'une collection".

    S'ajoutent également cinq pages de chroniques de zines, d'ouvrages sur le cinéma et deux livres de zombies et fantastique. De quoi être bien au courant de l'actualité sur le cinéma de genre ! Et pour finir, deux nouvelles rubriques : une intitulée "Make your choice, original vs remake" comparant le film Hitcher, l'original de 1986 et le remake de 2006. Tant l'idée ne m'intéressait pas particulièrement au début et tant après l'avoir lu, j'ai trouvé cela intéressant grâce à la qualité de l'article et aussi la mise en page canon ! Et l'autre : "It's a long way to the top... ou the flop !" sur une saga japonaise La femme scorpion : 3 pages d'informations, d'avis, de photos (avec toujours cette superbe mise en page avec fond noir et texte en blanc) qui me donne envie de regarder et de découvrir cette saga.

    A noter qu'en cadeau David offre un grand marque-page fait à la linogravure par lui-même et que l'illustration est tirée de La femme scorpion. La mise en page est agréable, les photos ressortent bien grâce à la bonne impression. J'ai fait à peu près le tour. Encore un numéro réussi et de plus en plus complet grâce aux nouvelles rubriques. Chapeau !

    48 pages A4 - couverture couleur - 6 euros + 3 euros de frais de port via la boutique en ligne.


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