Lorsqu'une amie m'a proposé d'aller voir "Into the wild" projeté à l'Hôtel de Ville de Paris à l'occasion d'un ciné-club mensuel, cette année consacré aux films environnementaux, j'ai tout de suite dit oui. Mon premier visionnage s'était déroulé quelques années plus tôt devant un ordinateur portable avec un son très moyen. Ce film mérite vraiment d'être regardé sur un grand écran pour admirer, entre autres, les paysages magnifiques et une photographie impeccable.
Christopher McCandless, jeune diplômé etatsunien de 22 ans remet en question son avenir tout tracé de futur jeune cadre dynamique. Il rêve ni d'avoir une belle et coûteuse voiture, ni d'une grande maison : il veut simplement vivre heureux, libre, sans contrainte, en parcourant les Etats-Unis avec pour objectif d'atteindre et de parcourir l'Alaska. Ce choix vient de la volonté de refuser cette société consumériste, portée par le dieu dollar. Sa richesse à lui, c'est la simplicité (volontaire), la nature, vivre à la vitesse à laquelle il le souhaite. Dans son périple qu'il parcourt à pied, en stop, dans les trains de marchandise, il fera des rencontres décisives, des personnes qui l'aideront à voir plus clair dans sa tête mais surtout avec lesquelles il créera des liens forts. Image symbolique : juste avant son départ, il léguera tout son argent à une association, brûlera (tout un symbole) les quelques billets qui lui reste, se débarrassera de ses papiers d'identité. Il refuse la société dans laquelle il vit et détruit tout ce qui la lie à elle. Il s'inspire des écrits de Tolstoï, Henry David Thoreau, Jack London qu'il lit et relit pour encore mieux analyser leurs pensées.
Le film est ponctué de flash-back récurent permettant de mieux comprendre ses envies, ses choix. Il est parti pendant deux ans, donnant aucune nouvelles à ses parents et à sa sœur. Christopher qui par la suite s'est surnommé Alexander Supertramp, ne supportait plus l'étalage de richesse de ses parents qui vivaient essentiellement pour le billet vert. Il ne supportait plus non plus les disputes violentes et régulières de ses parents. Il s'était détaché de son père, un homme autoritaire et violent. De forts liens avec sa sœur existaient. Il est parti avec un sac à dos de randonnée, un fusil pour chasser ("tant qu'il y aura des abattoirs il y aura des champs de bataille" ? Citation de Tolstoï).
Comme je le disais, les photos sont magnifiques, tant de merveilles, de beauté lorsque l'on sort des villes. Un beau moyen de montrer que bien souvent les moments les plus beaux, sont souvent les plus simples et que l'environnement dans lequel on vit y est pour beaucoup. Tous ces lieux magnifiques n'ont pas été encore détruits ou pillés par les humain-e-s,
il y a encore de l'espoir alors ? Une musique qui nous accompagne durant tout le film, souvent avec une guitare et un chant et qui est restée gravée dans mon cerveau bien après la fin du film. Il y a des similitudes avec "Wild" de Jean-Marc Vallée de par son côté aventure, paysages, nature, l'envie d'autre chose. Un film qui fait réfléchir sur la simplicité, sur la décroissance (même si ce n'est pas directement dit), sur la solitude, la liberté, sur les choix que l'ont fait (souvent dictés par les proches, la société). Que veut-on faire de notre vie et pourquoi ?
Emile Hirsch (Christopher McCandless) est tout simplement génial dans son rôle d'idéaliste qui révolutionne tout dans sa tête. Il fait passer des émotions intenses : oui, on peut pleurer de tristesse mais aussi de joie. On ressent dans son personnage une telle sensibilité qu'on vit beaucoup d'émotion à travers lui. Le couple de hippie qu'il rencontrera est fabuleux, il refuse aussi une vie morne et normée. Et que dire de ce vieux monsieur qui a perdu sa femme et son fils dans un accident de voiture plus de 30 ans plus tôt ? Grâce à Christopher, il revivra. Les parents de Christopher vivront dans l'angoisse perpétuelle, ne sachant pas où se trouve leur fils, s'il va bien. Son père se rendra compte de l'amour qu'il lui porte et regrettera ses comportements violents et autoritaires.
Un bô, bô film qui fait réfléchir (pas non plus un film militant), qui fait passer beaucoup d'émotions, des images splendides. Que dire de plus ? J'ai beaucoup aimé !
Ce film est une adaptation du livre "Into the wild" de Jon Krakauer sorti en 1996, relatant l'histoire réelle de Christopher Mc Candless.
Avec Emile Hirsch, Marcia Gay Harden, William Hurt, Jena Malone, Catherine Keener, Brian Dierker, Kristen Stewart, Hal Holbrook, Vince Vaughn, etc.
Bande annonce :