Sortie en salle le 14 janvier 2015
Dans la ville de Bad City en Iran une jeune femme marche la nuit. Sous son tchador se cache une vampire qui tue les hommes malsains. Sur sa route, elle fait la connaissance d'Arash, un jeune homme solitaire fou de sa voiture et aux allures de James Dean. Il vit avec son père malade, drogué et leur chat.
Tous les deux ont comme point commun la solitude, la musique pop, rock et une envie irrésistible de fuir cette ville de mort (les cadavres sont entassés les uns sur les autres dans la ville) et de solitude.
Premier long métrage pour Ana Lily Amirpour, états-unienne d'origine iranienne qui réalise avec "A girl walks home alone at night" un film en noir et blanc atypique et d'un fabuleux esthétisme centré sur le noir, le côté sombre. Les scènes sont filmées de nuit dans la ville imaginaire de Bad City (tout un programme !). Rien que pour les magnifiques prises de vue et la photographie superbe "A girl walks home alone at night" vaut le déplacement.
L'action en elle-même est très souvent décalée, proposant toute une série de suggestions pour que notre cerveau essaie de comprendre où veut en venir la réalisatrice. On ressent une ville morte, à l'agonie, un aspect basé sur la face obscure d'une ville sans future à moins que nous soyons en enfer, ahah ! Welcome ! La musique comble le peu de dialogue entre les protagonistes. Je dirais plutôt que la musique est centrale et les dialogues restent secondaires, comme une musique instrumentale avec un chant par intermittence (ce qui n'est plus une musique instrumentale mais bon...). Ce côté sombre fait penser à toute la musique des années 80, entre Dépêche Mode et Cure, le
Gothic, la musique électronique, la new-wave qui mettaient en valeur quelque chose de différent et en rien de joyeux.
Tant j'ai adoré l'esthétisme, la photographie, la représentation de la musique, les deux acteurs principaux, tant j'ai eu par moment du mal à suivre, sentant des longueurs par-ci, par-là, comme une envie pressante de faire accélérer quelques scènes. Le côté vampire aurait pu être mieux exploité en mettant une ou deux scènes supplémentaires un peu plus consistante et effrayante pour garder un certain rythme, Ana Lily Amirpour ayant préféré jouer sur l'imagerie du vampire plutôt que sur l'épouvante, la peur (hormis une scène). Du très bon (esthétisme), et du moins bon (longueur, ennui) pour un film qui vaut tout de même le déplacement pour les raisons déjà évoquées.
Avec Sheila Vand, Arash Marandi, Dominic Rains, Marshall Manesh, Mozhan Marnò, Reza Sixo Safai, Milad Eghbali, Rome Shadanloo, etc.
Bande annonce :