Sortie en salle le 11 février 2015
Lyad vit dans une ville arabe en Israël/Palestine avec ses parents et ses deux frères. A l'école il est très bon élève, surtout en mathématiques. Il réussit à 16 ans à intégrer un prestigieux lycéen à Jérusalem où il y vivra en internat. Là-bas, il y fera la connaissance d'Aisha dont il tombera amoureux. Malheureusement les parents de cette dernière sont racistes et refusent que leur fille est une relation amoureuse avec un arabe. Lyad est le seul arabe dans le lycée et ses camarades de classe lui feront bien remarquer. Mais peu à peu il se fera accepter sans arriver à avoir de réelles amitiés.
Lyad est bénévole chez Yonathan, un jeune homme de son âge en fauteuil roulant atteint d'une maladie dégénérative. Yonathan est fan de musique et souffre de ne plus pouvoir jouer de la guitare à cause de ses mains qui n'ont plus la même souplesse qu'auparavant dû à sa maladie. Tous les deux vont se lier d'amitié et permettent à l'un et à l'autre de se sentir moins seuls et vont s'épauler mutuellement. Edna, la mère de Yonathan qui a perdu son mari quelques années plus tôt à cause de la même maladie est soulagée d'avoir quelqu'un qui puisse la
seconder, elle qui a tant peur de perdre pour la seconde fois un être tant aimé.
Dans sa vie à Jérusalem, Lyad va découvrir l'amour avec Aisha, une forte amitié avec Yonathan et une seconde famille d'adoption avec Yonathan et sa mère. Mais il découvrira également le racisme avec les parents d'Aisha, avec la police qui le considère comme un potentiel terroriste, le rejet des débuts au lycée parce qu'il éprouvait certaines difficultés à s'exprimer en hébreu par manque de pratique ou parce qu'il s'habillait différemment de ses camarades. Et tout simplement parce qu'il fait partie en Israël d'une minorité et que comme toutes les minorités le rejet est souvent de mise par la majorité. Sans parler, bien entendu, du conflit palestino-israélien. Dans sa jeunesse, le père de Lyad était militant communiste pour la création d'un état palestinien. A cause de son engagement, il a fait 2 ans de prison et a dû arrêter ses études universitaires. C'est son père qui a poussé Lyad à faire des études afin qu'il ne soit pas comme lui un ouvrier non qualifié et qu'il puisse être mieux accepté dans cette société à dominance juive.
Le scénariste du film Sayed Kashua, également journaliste, critique de télévision et écrivain, s'est inspiré de ses livres "Les Arabes dansent aussi" (livre autobiographique trouvé il y a quelques mois dans une bouquinerie, j'ai hâte de le lire !) et "La deuxième personne". Dans le film on sent une réflexion sur la place des arabes israéliens dans une société qui ne veut pas d'eux et dans ces conditions, comment se faire accepter ? Mais la réflexion se tourne également vers l'amitié, l'amour, la maladie, la famille, les différences.
Eran Riklis a réalisé un film émouvant sur différents aspects (le rejet, la maladie, la mort) avec des moments de tendresses et d'autres au contraires assez durs mais tout en restant accessible. Tawfeek Barhom (Lyad), Yaël Abecassis (Edna) , Michael Moshonov (Yonathan), Lætitia Eïdo (la mère de Lyad) jouent d'une façon remarquable mais les autres comédiens et comédiennes ne sont pas non plus très loin derrière. Je ne m'attendais pas à voir un film aussi beau et émouvant en me rendant au cinéma.
Avec Tawfeek Barhom (Lyad), Yaël Abecassis (Edna) , Michael Moshonov (Yonathan), Lætitia Eïdo (Fahima), Ali Suliman (Salah), Marlene Bajali (Aisha)...
Bande annonce :