• La pomme - un film de Samira Makhmalbaf (1997)

    La pomme - un film de Samira Makhmalbaf (1997)L'histoire s'inspire d'un fait divers : dans un quartier pauvre de Téhéran, plusieurs familles écrivent au Bureau d'aide sociale pour dénoncer des voisins qui séquestrent depuis leur naissance leurs deux petites filles âgées de 12 ans. Une assistante sociale est alors chargée de l'enquête.

    L'emprisonnement de Massoumeh et Zahra est symbolisé par des barreaux qui servent de porte d'entrée. Le père avoue les faits à l'assistante sociale et justifie la situation par le fait que leur mère est non-voyante est qu'elle ne peut pas veiller sur elles. Dans le film, les deux filles jouent leur propre rôle. Grace à l'assistance sociale, elles sortent pour la première fois de leur vie dans la rue, découvrent le monde, jouent avec des enfants, mangent une pomme (en Iran, la pomme symbolise la vie). L'assistante sociale enferme le père dans la maison et lui ordonne de scier les barreaux s'il ne veut pas que ses filles lui soient retirées. Malgré les faits, le père ne semble pas être un tyran, plutôt un homme perdu, dépassé par les événements qui pense que la seule solution pour que ses filles ne se sortent pas dans la rue est de les enfermer. La famille est pauvre, les filles et leur mère ne sortent pas de chez elles. N'ayant aucun travail, le père récolte le peu d'argent par ce qu'on lui donne. Le père est allé à l'école pendant 4 ans mais il n'a pas l'idée d'échanger son savoir avec ses filles. Au contraire, elles La pomme - un film de Samira Makhmalbaf (1997)savent à peine parler. 

    Malgré tout, le film n'est aucunement moralisateur, il expose des faits, sans jugement. On y voit la complexité de la société iranienne, avec des pauvres très pauvres, des filles, des femmes qui ont un statut très différent de celui des hommes. D'ailleurs dans le film une femme dit que si les filles avaient été des garçons, ils n'auraient pas été enfermés. On ressent une forme de solidarité entre les voisines qui ont informé au Bureau des aides sociales la situation des filles et qui par la suite essaient de les aider. Au final, ce sont les femmes qui sont les plus conscientes du sort réservé à Massoumeh et Zahra.

    "La pomme" a reçu un prix au festival de Cannes ce qui lui a permis de traverser les frontières. Il est filmé de façon sobre, très simple, avec une seule caméra, entre documentaire et fiction. Cette simplicité est pourtant très forte et à mille lieux des films à grands budgets. Il reflète assez bien le cinéma iranien qui avec peu de budget réalise et produit de bons films de fiction basés sur la société iranienne.

    La pomme - un film de Samira Makhmalbaf (1997)

    Au final, quel plaisir de revoir "La pomme", 16 ou 17 ans après sa sortie au cinéma. Ce film iranien réalisé par la jeune réalisatrice, 18 ans à l'époque, Samira Makhmalbaf est une réussite. MK2 éditions propose un DVD avec en bonus une interview de la réalisatrice, une autre d'Agnès Devictor, une critique de cinéma, la bande-annonce et deux courts métrages iraniens : "Identification de la femme" de Massoud Bakhshi et "Pershang" de Mahvash Sheykh-Ol-Eslami.

    Samira Makhmalbaf est la fille du réalisateur et écrivain Mohsen Makhmalbaf qui a co-écrit le film. Après deux courts métrages, elle réalise avec "La pomme" son premier long métrage. Elle a également réalisé "Le tableau noir" en 2000, "11'09'01 - september 11" en 2002, "A cinq heures de l'après-midi" en 2003 et "L'Enfant-cheval" en 2008.

    Avec Massoumeh Naderi, Zahra Naderi, Ghorban Ali Naderi,  Azizeh Mohamadi, Zahra Saghrisaz, etc. 

    La pomme - un film de Samira Makhmalbaf (1997) 

    Bande annonce :

     

     


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