Après 14 ans de dictature, le président Augusto Pinochet consent à organiser un référendum sur son maintien au pouvoir. Les dirigeants de l'opposition persuadent un brillant publicitaire, René Saavedra, de concevoir leur compagne. Avec peu de temps, de moyens et sous la surveillance constante du régime, Saavedra imagine un plan de communication audacieux et créatif pour encourager les chiliens à changer le cours de leur histoire en votant NO !
Un autre 11 septembre, en 1973, un coup d'Etat militaire avec à sa tête Augusto Pinochet, prend le pouvoir par la force et avec le soutien du gouvernement états-unien qui voit d'un mauvais oeuil la politique socialiste menée par le président Savaldor Allende. Ce dernier préféra se suicider plutôt que devoir se rendre (et torturé, tué ?) à la junte militaire. Ce coup d'Etat apporta une énorme répression avec des milliers de torturés, de disparus, de tués. A la suite de ce coup d'Etat la liberté de la presse fut abolie, les partis politiques illégaux, tout opposant au régime pouvait être arrêté, torturé et incarcéré.
En 1988 et avec la pression internationale, Pinochet organisa un grand référendum pour savoir si le peuple souhaitait le maintenir au pouvoir ou pas. Il accorda 15 minutes par jour aux deux camps, celui en faveur du oui (la dictature actuelle) et celui du non (17 partis au total) à la télévision. René Saavedra, jeune publicitaire reconnu accepta de s'occuper de la campagne du non. Fait marquant, le directeur de sa boîte de pub s'occupa de la campagne du oui. Pour inciter les abstentionnistes à dire "non" René réalisa des spots centrés sur la joie dans un pays où la
dictature aura pris fin, des spots se rapprochant de la publicité. Les représentants des différents partis politiques n'approuvèrent pas forcément la direction des spots, préférant pour leur part montrer des images actuelles, réelles sur la réalité du pays, sur l'absence de liberté, les inégalités, la répression, pointer du doigt ceux à qui la dictature profitait, entre autres.
Malgré les menaces, la censure, la campagne du non concurrençait celle du oui. Eduardo Pinochet pensait que son gouvernement gagnerait haut la main et se donnerait une bonne image démocratique en ayant organisé un référendum.
Les images ont été filmées par des caméras de l'époque afin d'être proche visuellement de celles des archives qui sont nombreuses dans le film. Elles donne un aspect documentaire très loin des images léchées proposées actuellement. Mais ce n'est pas un problème, bien au contraire, ça renforce l'aspect politique, militant, vers un changement de société. Durant tout le film, il est intéressant d'entendre les échanges entre tous les protagonistes des différents partis politiques, rappelant un peu le film de Ken Loach "Land and freedom" même si "No" reste très soft, on est loin des échanges révolutionnaires du film de Ken Loach. On remarquera l'absence de femmes, hormis l'ex femme d'André et la nourrice de son fils, comme si les femmes ne pouvaient être que des épouses et s'occuper d'enfants. L'absence de femmes dans les débats politiques est regrettable mais certainement représentatif du sexisme au Chili (et ailleurs !) à la fin des années 80.
La seconde moitié du film est plus soutenue, plus intrigante. On voit, on entend le peuple grondé qui ne veut plus de dictature et qui malgré la répression va dans la rue pour le dire haut et faut.
"No" est un hymne à la liberté, à la démocratie et nous rappelle que de nombreux peuples vivent dans une dictature soutenue bien souvent par d'autres gouvernements étrangers qui se disent démocratiques : chercher l'erreur ! Comme quoi l'argent, les intérêts sont bien plus importants que le reste...
Avec Gael García Bernal, Luis Gnecco, Antonia Zegers, etc.
Bande annonce :