Sortie en salle le 8 octobre 2014
Cela fait quatre mois que "Mommy" est à l'affiche et il fait un véritable tabac depuis qu'il a été primé au festival de Canne en mai 2014. Du haut de ses 25 ans, le réalisateur Xavien Dolan fait figure d'enfant prodige. Il a réalisé cinq films ("J'ai tué ma mère", "Les amours imaginaires", "Laurence Anyways", "Tom à la ferme") en 6 ans, a joué dans une dizaine de films. Il est également scénariste et producteur. Souvenez-vous de "College boy, le vidéo-clip du groupe d'Indochine qui a beaucoup fait parler de lui, c'est Xavier Dolan qui l'a réalisé et l'acteur principal n'est rien d'autre qu'Antoine-Olivier Pilon, le fameux Steve dans "Mommy". Dans le clip, Indochine dénonçait la violence à l'école et l'homophobie. Lors d'une intervention télévisée au moment de la promotion de "Mommy", Xavier Dolan et Anne Dorval (la mère de Steve dans "Mommy") n'hésitaient pas à prendre position pour le mariage pour tous.
Revenons-en à "Mommy". Depuis sa sortie j'avais envie de le voir mais ce n'est que maintenant que la chose s'est concrétisée... Steve est un adolescent de 15 ans qui souffre de TDAH (Trouble Déficit de
l'Attention/Hyperactivité). Il vient d'être renvoyé d'un centre spécialisé à cause de sa violence qui a causé des brûlures au deuxième et troisième degré à un camarade. Diane, sa mère, vient le chercher pour le ramener chez eux dans la banlieue de Montréal. Depuis la mort de son père il y a 3 ans, la maladie de Steve s'est aggravée. Sa violence (il éprouve une énorme difficulté à contrôler ses colères), son hyperactivité, son hyper-attachement à sa mère font qu'il est ingérable. Un jour, Kyla, une nouvelle voisine, fait leur connaissance. Enseignante au collège, elle a pris une année sabbatique depuis qu'un événement dont on ne connaîtra pas l'ampleur lui a provoqué un bégaiement. Ayant du temps libre, Kyla va donner quotidiennement des cours au domicile de Steve. Tous les deux apprendront à se connaitre, à s'apprécier et à progresser l'un-e et l'autre dans leurs problèmes psychologiques. Kyla, Steve et Diane vont devenir un trio inséparable malgré les coups de colère régulier de Steve. Ce dernier est conscient que quelque chose cloche en lui mais il n'arrive pas à contrôler ses pulsions. Il a peur aussi jusqu'à en devenir obsédant que sa mère ne l'aime plus. Ses peurs et ses angoisses (à hautes doses) provoquent sa maladie. Diane reçoit un courrier dans lequel il lui est réclamé une
énorme somme d'argent qu'on coûté les frais d'hospitalisation et de greffes du camarade de Steve. Pour gagner sa vie, Diane fait des ménages et a un petit job de traductrice. Elle a juste de quoi vivre. Pour connaitre la suite : allez voir le film !
Allez voir le film (quoi, vous n'êtes pas encore aller le voir ?! Non mais !) parce que "Mommy" est tout simplement un énorme film. Après avoir vécu le décès rapide de son mari (il aura fallu trois semaines entre le pronostic et la mort) trois ans auparavant, elle se retrouve à gérer un fils qui est ingérable. Un adolescent en souffrance, très violent qui aime sa mère à en mourir. Diane aime son fils très fort malgré des issues qui se ferment au fur et à mesure que le film avance. Entre la mère et le fils, on a Kyla, timide, bègue, mariée et mère d'une petite fille qui se lie d'amitié avec Diane. Avec Steve et Diane, elle vit leurs angoisses, leurs galères, leur relation explosive mais aussi des moments d'amour, d'espoir. Elle seconde Diane qui est d'une grande nervosité (comment ne pas l'être avec un fils comme Steve) en donnant des cours à Steve mais aussi en temporisant et en étant tout simplement là, présente dans les moments durs et dans
quelques moments beaux et doux.
Xavier Dolan sait exactement comment faire pour jouer sur les émotions, sur la sensibilité, c'est ce qui m'attire en premier dans le film. Tout est orchestré dans une sensibilité à fleur de peau qui est troublante. La scène où Diane rêve éveillé d'un futur pour son fils qu'il n'aura certainement jamais est d'une grande beauté, la musique y aidant. Est-ce utile de préciser qu'Anne Dorval (Diane), Antoine Olivier Pilon (Steve) et Suzanne Clément (Kyla) joue magnifiquement bien ?
Le film est québécois et sous-titré en français car la plupart des dialogues sont en joual, un dialecte québécois. On apprendra d'ailleurs des jurons comme "tabarnak" qui sera dit une multitude de fois par Steve !
Avec Anne Dorval, Antoine Olivier Pilon, Suzanne Clément, Alexandre Goyette, Patrick Huard, Viviane Pacal, Nathalie Hamel, Michèle Lituac, etc.
Bande annonce :