Ce film est une adaptation du roman éponyme de Marlen Haushofen publié en 1963. En France, "Le mur invisible" est sorti en salle le 13 mars 2013 et en DVD en avril de l'année suivante. Arte a diffusé le film avant hier soir et grâce à David du fanzine Délivrance qui m'en a averti, je l'ai regardé avec grand plaisir.
Une femme se rend avec un couple d'ami-e-s et leur chien Lynx dans un chalet isolé, dans les Alpes autrichiennes. Pendant que le couple part sans leur chien dans un village voisin, la femme reste dans le chalet. Surprise que ses ami-e-s ne soient pas déjà revenu-e-s le lendemain matin, elle marche avec Lynx en direction du village. Sur le chemin, elle entend Lynx couiner et se lécher une patte. En faisant quelques pas de plus, elle est soudainement stoppée par quelque chose, comme un grand mur invisible. Que se passe-t-il ? Elle contourne le mur et aperçoit quelque temps après un couple au seuil de leur maison. Comme tout à l'heure, elle est arrêtée par ce même mur invisible. Elle essaie d'interpeller les personnes mais elles semblent ne rien entendre. Soudain, elle remarque qu'elles sont immobiles : les deux personnes sont mortes sur le coup, comme si le temps s'était arrêté de tourner. La femme comprend pourquoi ses ami-e-s ne sont pas retourné-e-s au chalet et pourquoi personne n'est sur le chemin : ils sont morts, comme les deux individu-e-s qui sont juste devant ses yeux. Elle se demande s'il n'aurait pas été préférable qu'elle aussi soit de l'autre côté du mur...
Quelques jours après, en explorant les environs avec Lynx, elle découvre une vache
qu'elle ramène au chalet. Elle accouchera plusieurs semaines après d'un veau, la femme l'aidera à accoucher. Viendra s'ajouter un chat et une chatte qui vivront dans le chalet en compagnie de Lynx, la femme et la vache et son veau dans l'étable. Le couple avait ramené une grosse provision de nourriture mais la femme est consciente qu'elle risque de ne jamais être secourue et que les provisions ne seront jamais suffisantes. Elle devra trouver une solution pour manger. L'homme était chasseur et à contre coeur, la femme prendra un fusil et ira chasser. Elle dit elle-même qu'elle le fait par obligation et que la chasse est une abomination, chose que je partage complètement. Et je dirais même que tuer ou faire tuer des animaux pour les manger alors qu'il est possible de se nourrir uniquement de fruits, de légumes, de légumineuses, de céréales est une abomination. Mais ce n'est pas son cas. Lors de longues sorties et pendant la bonne saison, elle cueillera des fruits, ce qui complétera ses repas. Sa vie sera ponctuée par les sorties en montagne, la chasse, la rédaction de ses mémoires depuis le premier jour où elle est arrivée, la contemplation des paysages de rêve que fournissent les montagnes et surtout elle échangera de beaux et bons moments avec Lynx, son meilleur ami, toujours joyeux et heureux d'être à ses côtés. Elle sait que grâce à Lynx la solitude est moins importante. C'est un bel hommage rendu à tous ses merveilleux chiens et chiennes qui peuplent la planète.
Le film a en voix off la femme qui raconte quelques temps plus tard les événements, entre présent et passé. Entre passé et présent. Des images, des splendides images de montagnes en été, en automne, en hiver, au printemps, au fil des saisons, des années. La femme
s'adapte à la situation, à son environnement même si les temps sont durs. Le premier hiver a malheureusement "emporté" Plume, la chatte. Heureusement, Lynx est présent, toujours aussi proche d'elle : deux inséparables unis jusqu'à la mort. Le film base beaucoup d'émotion sur la photographie, sur le récit poétique de la femme, sur le rapport entre elle et Lynx et à un degré moindre avec les autres animaux. Le mur, quant à lui, on ne sera jamais comment il est arrivé, ni pourquoi. Un mur qui permet peut-être à cette femme de se retrouver, de se reconstruire malgré les difficultés de son quotidien. Une supposition car elle semblait au début du film assez déprimée mais ça reste juste une hypothèse. Peut-être met-il l'accent sur les priorités de la vie, loin des excès de la société de consommation ? En regardant le film, on a tendance à s'identifier à cette femme, à se demander comment on réagirait à sa place devant une telle situation. Arriverait-on à tenir ?
La fin du film m'a beaucoup marqué et me hante encore dans la tête. Un beau film avec des paysages somptueux, une histoire marquante et originale, une Martina Gedek excellente et le chien l'est tout autant. Une bonne découverte.
Avec Martina Gedek (la femme), Luchs (Lynx), Ulrike Beimpold : (amie de la femme), Karlheinz Hackl (ami de la femme)
Bande-annonce :